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Association pour le Développement de l'Information et de la Recherche sur la Sexualité 4 Juillet 2009  
   

Ejaculation précoce ou prématurée

On parle d’éjaculation précoce ou prématurée lorsque l'homme ne peut contrôler durablement son excitation, il n'arrive pas à repérer les sensations prémonitoires de l’éjaculation qui survient alors trop vite et involontairement. Le problème relève principalement d’un manque de contrôle de l’excitation sexuelle.

L'éjaculation précoce affecte de 30 % à 35 % des hommes et représente le problème sexuel masculin le plus répandu.

Causes

Les causes sont essentiellement d'origine psycho-comportementale :

  • stress, peur de l'échec, peur de ne pas être performant, anxiété, fatigue. Le problème se pose d’ailleurs souvent lors des premiers rapports sexuels ;
  • tension émotionnelle incontrôlable, qui peut être liée au contexte ou à la rareté des rapports sexuels ;
  • mauvaise habitude de masturbation, durant l'adolescence ;
  • troubles érectiles ;
  • éducation reçue, notamment religieuse ;
  • traumatisme psychologique ;
  • comportement précipité ou tendu du partenaire…

La consommation de certaines drogues (cocaïne, amphétamines) favorise la stimulation du système nerveux et peut avoir un effet précipitant l’éjaculation.

L'éjaculation précoce est rarement due à une pathologie organique :

  • infection de l'urètre ou de la prostate ;
  • présence d’un phimosis (impossibilité de découvrir le gland) ;
  • prépuce trop court favorisant une stimulation trop rapide.

Symptômes

L’éjaculation survient trop vite, avant la pénétration ou dans les quelques minutes suivant le début de la pénétration et cela, pratiquement chaque fois qu’il a une relation sexuelle.

Prévention

Avec l’âge et au fil des expériences, l'homme peut apprendre à mieux se contrôler et sentir les prémices de l’éjaculation.

Cependant, le problème étant surtout d'ordre psycho-comportemental, c’est autant un travail sur la manière d’utiliser son corps lors de la sexualité (masturbation ou rapport sexuel), que sur le vécu et la perception de la sexualité qui est nécessaire. Pour certains, il n'est pas facile à régler seul et la consultation d’un sexologue peut se révéler indispensable.

Certains comportements peuvent aider tels que :

  • prendre le temps de communiquer avec sa partenaire et accorder de l'importance à l'ambiance et aux préliminaires ;
  • se détendre et apprendre à maîtriser son stress et son anxiété en faisant de l'exercice ou de la relaxation par exemple ;
  • varier les plaisirs et les positions, certaines positions sexuelles permettant un meilleur contrôle de l'imminence orgasmique.

Certaines méthodes telles que les méthodes « arrêt-départ » ou « Masters et Jonhson » permettent d’apprendre à mieux contrôler l'arrivée de l'éjaculation en repérant les sensations d'alerte de l'orgasme et en maîtrisant son excitation sexuelle. La technique, à mettre en application idéalement avec sa partenaire, consiste à stimuler le pénis jusqu'au moment qui précède l'éjaculation et à arrêter avant que l’homme n’atteigne un point de non-retour. Une compression du pénis peut alors être exercée jusqu'à ce que la sensation d'éjaculation imminente disparaisse. L'érection cesse partiellement et la stimulation peut reprendre.

La rééducation périnéale (exercices de Kegel) peut également apporter une amélioration.

Traitement

L’homme doit avant tout apprendre à contrôler son éjaculation. Cet apprentissage pourra se faire seul ou en couple.

Certains médicaments (principalement des antidépresseurs) ont le pouvoir de ralentir l'établissement du réflexe de l'éjaculation. Leur inconvénient principal est qu'ils ne traitent pas réellement le problème et que l'arrêt du médicament voit le retour de l'éjaculation rapide. De plus, pour certains hommes, le gain de temps reste faible.
D’autres utilisent des préservatifs contenant un anesthésique ou des gels anesthésiant.

Une infection de l’urètre ou de la prostate sera traitée par la prise d'antibiotiques par voie orale pendant plusieurs jours.

La thérapie auprès d'un sexologue constitue le traitement standard de l'éjaculation précoce.

Certains exercices tels que l'arrêt-départ, la compression du pénis et les exercices de Kegel (cf. prévention) peuvent se montrer efficaces rapidement. Ils donnent toutefois de meilleurs résultats avec le suivi d'un sexologue.

D'autres méthodes sont parfois utilisées, seules ou associés à l'apprentissage : la relaxation, l'hypnose, la sophrologie ou la psychothérapie.

L’approche sexocorporelle semble donner de très bons résultats même si elle est encore trop peu évaluée. Une des spécialistes de cette approche, Nicole Audette (auteur d’un livre sur le contrôle éjaculatoire intitulé : « Atteindre l’extase grâce à l’approche sexocorporelle ») nous fait le plaisir d’expliquer brièvement en quoi cela consiste dans l’encart ci dessous

 

UN MOYEN PRESQUE INFAILLIBLE
POUR CONTRÔLER L’EXCITATION SEXUELLE

Existe-il une solution efficace et durable au problème de l’éjaculation précoce ?
Il est important que les hommes, souffrant d’éjaculation précoce, sachent qu’ils sont des milliers dans la même situation. En effet, ce problème se rencontre chez les hommes de toutes races, surtout chez les jeunes. Cependant, s’il se résout parfois de lui-même, un grand nombre d’hommes le conservent toute leur vie. Heureusement, plus nos connaissances sexologiques évoluent, mieux nous connaissons les causes provoquant ce phénomène. Ce qui a permis de développer une démarche thérapeutique adéquate, aux succès flamboyants, car basée sur les causes réelles de ce problème, lesquelles sont physiologiques.

Quelle est cette démarche thérapeutique ?
Cette démarche provient de l’approche sexocorporelle qui tient compte des lois du corps : « espace, intensité musculaire et rythme ». C’est pourquoi elle permet de solutionner le problème de l’éjaculation précoce de façon efficace et durable,

Quelles sont ces réactions physiologiques ?
Disons d’abord, que la science a reconnu certaines réactions physiologiques tant chez les hommes que chez les femmes, lorsqu’ils sont sexuellement excités. Chez les hommes très facilement excitables, comme c’est le cas des éjaculateurs précoces qui possèdent généralement une bonne libido, ces réactions sont intenses et peuvent favoriser le déclenchement des spasmes éjaculatoires.

Les réactions qui sont particulièrement en cause sont : la vasocongestion sanguine produisant l’érection, phénomène réflexe, c’est-à-dire, involontaire. D’autres réactions, d’ordre musculaire, sont produites par les petits muscles situés à la base du pénis, entre les testicules et l’anus. Ce sont les « bulbocaverneux et ischiocaverneux ». Lors de l’excitation sexuelle, lorsque ces muscles exercent une pression sur la congestion sanguine du pénis, surtout si d’autres pressions provenant des muscles fessiers, abdominaux et des cuisses s’y rajoutent, le risque est grand que se déclenchent les automatismes de la décharge. C’est sans compter la respiration restreinte liées à la posture exigeante de ces hommes, lorsqu’ils dégagent le haut de leur corps afin de ne pas étouffer leur partenaire. C’est pourquoi nous pouvons maintenant dire que : « le problème de l’éjaculation précoce est inscrit dans la nature même de l’homme et plus précisément, dans sa physiologie ». Une solution physiologique à ce problème s’impose donc d’elle-même. C’est ce que propose l’approche sexocorporelle.

Comment l’approche sexocorporelle permet-elle à ces hommes de prolonger ou de gérer leur excitation sexuelle ?
C’est par certains apprentissages corporels spécifiques, liés aux réactions physiologiques déjà mentionnées, que ces hommes y parviennent. En six à huit semaines environ, ils apprennent à gérer leur excitation sexuelle en prenant d’abord conscience de leur point de non retour, en y intégrant la respiration abdominale et en faisant l’apprentissage des habiletés sexocorporelles de base, puis intégrées. Cette habileté de base est « la double bascule réflexe », ainsi appelée parce qu’elle associe la bascule du bassin à la bascule du haut du corps. A ce mouvement, incluant la bascule de la tête, on enseigne ensuite les habiletés intégrées, c’est-à-dire, l’art de savoir bouger avec minimum de tensions musculaires. En y associant l’apprentissage d’un rythme plutôt lent, ces hommes parviennent à gérer leur excitation et peuvent parfois même décider du moment de leur éjaculation, tout en savourant la volupté avec leur partenaire.

Quels sont les résultats de cette approche ?
Cette approche, développée au Québec depuis plus de vingt ans, a fait ses preuves auprès de plusieurs centaines d’hommes au prise avec un problème d’éjaculation précoce. Nous pouvons dire qu’un sexologue spécialisé en sexocorporel obtient, auprès de ces hommes, un succès évalué à 95%, lorsque ceux-ci poursuivent leur démarche et pratiquent assidûment les habiletés corporelles enseignées lors des séances de consultation. Selon des centaines de témoignages, l’apprentissage de la respiration abdominale est particulièrement efficace et permet souvent de commencer à prolonger l’excitation coïtale. A la fin de leur démarche, il n’est pas rare que des hommes soient capables de prolonger leur excitation plus de dix minutes et parfois même au-delà de quinze à vingt minutes.

Quel est l’apport de l’aspect psychologique dans ce problème ?
Il est clair que nos émotions et nos sentiments se reflètent dans notre corps par des réactions physiologiques. C’est le principe du « corps-miroir » mais aussi du « miroir-corps » puisque nous ne pourrons jamais séparer le corps et l’esprit. C’est le constat sur lequel se fonde et s’est développée l’approche sexocorporelle. Toutefois, l’expérience a démontré que le stress ou l’angoisse, lié à la peur d’éjaculer trop rapidement, disparaissait aussitôt le problème réglé. Ce stress ou cette angoisse était donc un effet plutôt que la cause de ce problème.

La présence de la partenaire est-elle nécessaire au succès du traitement ?
Ces apprentissages doivent être appris par l’éjaculateur précoce lui-même. Cette démarche s’adresse donc d’abord à l’individu avant de s’adresser à son couple, s’il y a lieu. Toutefois, si une partenaire désire accompagner son conjoint à ses séances, sa présence est la bienvenue. Il lui sera possible de mieux comprendre ce qui se passe chez son homme et elle sera davantage en mesure de le supporter et de l’encourager dans sa démarche, dont le but final est de devenir un homme érotique plus compétent avec elle. Cependant, la présence d’une partenaire n’est pas indispensable au succès de la thérapie.

Nicole Audette, M.A.
Sexologue-clinicienne
www.naudette.com

Auteur d’un livre sur le contrôle éjaculatoire intitulé : « Atteindre l’extase grâce à l’approche sexocorporelle ». Disponible à la Librairie du Québec,30 rue Gay-Lussac, 75005, Paris
Tel; 01-43-54-49-02

Co-auteure d’un DVD intitulé : « Le contrôle éjaculatoire, une histoire d’amour… »
Disponibles en consultant le site internet de Nicole Audette.

 
 
Créé le 3/3/2007
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