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Communiqué de l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé
sur la DHEA
Mr Bernard Kouchner, Ministre délégué à la santé, a demandé à l’Agence Française
de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) de rassembler et étudier les
données disponibles concernant les effets bénéfiques potentiels de la DHEA et les
risques éventuellement liés à son association, ainsi que le statut juridique de
ce produit.
L’Afssaps a réuni, le 3 juillet 2001, un groupe d’experts sous la présidence du
Pr Charles Caulin, Président de la commission d’autorisation de mise sur le marché,
pour évaluer les données expérimentales, clinique et épidémiologiques actuellement
disponibles sur la DHEA. Au cours de la réunion, le Pr Baulieu a pu présenter les
informations les plus récentes sur le sujet.
La DHEA est un précurseur d’hormones sexuelles masculines (testostérone) et, à moindre
degré, d’hormones féminines (estradiol). Il n’a pas été établi à ce jour une activité
pharmacologique directe de la DHEA.
En ce qui concerne l’utilisation de la DHEA dans la lutte contre le vieillissement,
les experts ont considéré que, dans les études disponibles y compris l’étude DHEAge,
les preuves de son efficacité sont insuffisantes. Les propriétés prêtées à la DHEA
n’ont pas été établies de façon indiscutable et des essais complémentaires doivent
encore être menés.
Au plan de la sécurité, aux doses inférieures ou égales à 50 mg, il n’a pas été
observé d’effets indésirables cliniques majeurs. Deux points ont pourtant retenu
l’attention des experts. L’utilisation de la DHEA s’est accompagnée, dans plusieurs
études, et même à faibles doses, d’une diminution du cholestérol HDL (« bon » cholestérol)
; la DHEA est donc susceptible d’augmenter le risque de maladie cardiovasculaire.
Par ailleurs, du fait de sa transformation hormonale, elle peut favoriser ou aggraver
les cancers hormonodépendants. Ces risques potentiels sont susceptibles d’être plus
importants en cas d’augmentation des doses ou de la durée du traitement.
D’autre part, la DHEA a montré un intérêt potentiel dans le cas très particulier
des insuffisances surrénaliennes et fait l’objet d’un programme de développement
clinique avancé dans le traitement du lupus.
Au vu de l’analyse du groupe d’experts, l’Afssaps considère que l’utilisation de
la DHEA doit être assujettie à la réglementation du médicament et qu’une information
des professionnels de santé et du public doit être faite (rapport scientifique disponible
sur le site de l’agence http://afssaps.sante.fr).
Compte-tenu du contexte d’utilisation de la DHEA aujourd’hui, il est nécessaire
de souligner les points suivants :
- la prise de DHEA peut stimuler la croissance de cancers hormonodépendants (prostate,
sein, utérus) ;
- le risque cardio-vasculaire potentiel, lié à une baisse de l’HDL cholestérol,
observé dans plusieurs études, doit être pris en considération notamment en cas
de prise au long cours de DHEA ;
- chez la femme ménopausée, le bénéfice du traitement hormonal substitutif oestro-progestatif
est démontré. Ce type de traitement ne doit en aucun cas être abandonnée au profit
d’un traitement par la DHEA dont les effets sont incertains. Ces deux traitements
ne doivent pas être associés pour éviter un surdosage en œstrogène.
- Chez l’homme âgé, l’absence d’indice en faveur d’un bénéfice de la DHEA peut s’expliquer
par le maintien d’une sécrétion testiculaire de testostérone. De plus, il existe
un risque potentiel de développement de cancer de la prostate.
Pour toutes ces raisons, il ne peut être conseillé de prescrire la DHEA dans le
cadre de la lutte contre les effets du vieillissement, quel que soit l’âge et le
sexe. L’utilisation éventuelle de ce précurseur hormonal n’est donc pas justifiée
en dehors des essais thérapeutiques ou de situations cliniques très particulières
à juger au cas par cas. La DHEA nécessite une prescription et une surveillance médicale.
En l’absence de spécialité pharmaceutique ayant une AMM, la préparation magistrale
reste possible, délivrable uniquement sur ordonnance.
L’Afssaps poursuit l’évaluation de la qualité de la DHEA, notamment pour vérifier
qu’elle est exempte de certaines impuretés potentiellement toxiques dont la présence
dépend du mode de production.
L’Afssaps continue l’évaluation de l’efficacité et de la sécurité d’emploi de la
DHEA au fur et à mesure des éléments nouveaux susceptibles d’apparaître.
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La DHEA : Est-ce que ca aurait de l'intéret pour
moi ?
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